29/11/2022 17:30 - 19:00

La guerre d’Algérie, Histoire et mémoire  –  Regard croisé franco-algérien.

Jean-Claude Jauffret, Professeur émérite d’Histoire Contemporaine, Ancien directeur du département d’histoire et du master d’histoire militaire comparée, géostratégie, défense et sécurité de Science-Po Aix.

« La mémoire divise, l’histoire rassemble », dit Pierre Nora en faisant référence à la prise en compte d’une seule mémoire qui exclut toutes les autres. C’est bien de la somme des mémoires, douloureuses (harkis, Français d’Algérie, anciens appelés, victimes algériennes d’exactions, combattants de l’ALN, survivants du MNA.), irréconciliables le plus souvent, dès que l’on étudie la guerre d’Algérie, dont l’historien a besoin. Et ce, en dehors des sources publiées et de l’ouverture, en France seulement (hélas !), des archives. Cette conférence est aussi une réflexion de mes 40 ans de recherches, de publications et d’auditions de témoins sur ce conflit-fracture dans l’histoire franco-algérienne. Guerre sans nom jusqu’en 1999 qui, à l’inverse d’une idée reçue dans le monde d’ignares dans lequel nous vivons, est le plus étudié après les deux guerres mondiales et bien devant la guerre oubliée d’Indochine.

Etant un des rares historiens à m’être rendu à peu près tous les ans dans le bled pendant une vingtaine d’années, je propose une présentation des divers types de témoignages rencontrés des deux côtés du lac méditerranéen, un rappel de l’importance de l’image sous toutes ses formes, et une réflexion sur la mémoire, de sa manipulation, aux lieux de mémoire, jusqu’aux politiques mémorielles. Le rapport Benjamin Stora, bien que controversé, a montré le chemin d’une approche non passionnelle du conflit. Un prochain dictionnaire franco-algérien de la guerre œuvre en ce sens. Pourtant, la politique d’apaisement menée par la France est, pour l’heure, restée à sens unique. Pour quelles raisons ?

Le mercredi 19 octobre, les mardis 15 et 29 novembre 2022 de 17h30 à 19h00.