16/11/2018 17:30 - 19:00

Les fresques de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine

François Martin, Conférencier en Histoire de l’Art.

Sera proposé dans ce cours une promenade dans le Rome de la Renaissance qui nous fera rencontrer Michel-Ange, Raphaël et le Bernin. Seront particulièrement évoqués la chapelle Sixtine et les fresques de Michel-Ange, les « Stanze » du Vatican de Raphaël ou encore les plus fameuses sculptures de Michel-Ange de la Pieta en passant par la « Terrabilita » du Moïse. La promenade fera escale au XVIIe siècle avec les sculptures du Bernin mais aussi à la villa Farnésine et au palais Farnèse.

 

LES FRESQUES DE MICHEL-ANGE A LA CHAPELLE SIXTINE

 

Elu en 1503, le pape Jules II rêve de grandeur et de puissance. Il lance un programme à la nouvelle basilique Saint Pierre, Raphaël à la décoration des palais du Vatican, et de 1805 à 1512, Michel-Ange à la voute de la chapelle Sixtine, où le grand artiste, d’un caractère aussi difficile que le souverain pontife finit par obtenir carte blanche pour y faire ce qu’il veut.

Au lieu des traditionnelles images de saints dans leurs niches, c’est un vent de tempête que Michel-Ange, soulève sous cette voûte, à travers les scènes qui racontent la création du monde et les premiers temps de l’humanité, selon la Bible.

La dernière restauration, terminée en 1994, a permis de retrouver les couleurs vives d’origine, qui, certes, déconcertent le spectateur, habitué à la grisaille résultant des poussières et suies accumulées pendant des siècles.

La mémoire collective avait retenu un Michel-Ange ténébreux, il réapparaît lumineux et coloré. Mais la puissance du souffle qui passe sur cette voûte n’en est que plus impressionnante. C’est un formidable crescendo qui élève l’âme du spectateur vers la spiritualité. Dans les lunettes (partie basse) des figures appesanties, privées de spiritualité. Au-dessus, les sibylles et prophètes s’éveillent au divin. Enfin, dans la zone centrale, c’est la gloire et la puissance de Dieu, la lumière absolue, source de toute énergie. Entre les panneaux, de beaux éphèbes nus (les fameux « ignudi ») chantent l’humanisme de la Renaissance heureuse et optimiste. . 25 ans plus tard… les temps ont changé. L’époque est terrible juge, qui condamne, maudit et précipite les damnés en enfer. Partout, règnent la terreur et la désespérance. Aucune pitié, chez le Christ et la Vierge. Les quelques élus montant au paradis ne manifestent aucune joie.

Sur fond bleu de lappis-lazzulis, auquel la dernière restauration a rendu son intensité, les corps nus ui tourbillonnent, ne célèbrent plus, comme dans la voûte, l’humanisme triomphant. C’est l’évocation d’un moment terrible… c’est toute la « terrilità » de Michel-Ange.

Les vendredi 16, 23 novembre, 25 janvier, 8 février, 8 mars, 26 avril de 17h30 à 19h00.