15/03/2019 17:30 - 19:00

Aperçus de l’histoire du droit de l’Eglise catholique (1/4)

Fr. Joseph-Thomas Pini O.P., Docteur en droit.

Très rapidement, dans l’histoire de l’Eglise et de la chrétienté, apparaissent des normes ayant pour objet la discipline des sacrements, l’organisation ecclésiale, le statut des clercs et des autres fidèles, l’organisation et l’exercice de la justice, … ou encore à caractère pénal, adoptées par divers conciles, mais aussi par la papauté et certains évêques, auxquelles sont venus s’ajouter des recueils de plus en plus détaillés et prescriptifs à l’usage des confesseurs. Cet ensemble déjà riche, s’ajoutant lui-même aux écrits canonico-liturgiques des IIè et IIIè siècles ainsi qu’à l’enseignement des Pères de l’Eglise, a constitué un corpus, très marqué par son environnement juridique romain, qui a fait l’objet, à partir du IVè siècle, de diverses collections. L’œuvre s’en est poursuivie au Moyen-Age, avec non seulement de nouveaux textes capitaux, en particulier dans le cadre de la réforme grégorienne, mais aussi avec l’émergence et l’élaboration d’une véritable doctrine canoniste, à partir du XIè siècle, de nouveaux outils, d’une méthodologie originale et de nouvelles compilations. L’effort ininterrompu de rationalisation de ces sources diverses a connu un nouvel élan avec le concile de Trente, mais c’est aussi la transformation décisive de l’idée même de droit qui, peu à peu, a aussi imprégné l’Eglise et ses juristes pour aboutir, sur la lancée du concile Vatican I et avec le soutien de courants de la doctrine canoniste, à une codification au sens moderne et laïque en 1917. L’actuel Code de droit canonique de 1983 pour l’Eglise latine, et celui de 1990 pour les Eglises orientales, nonobstant les réformes importantes qu’ils ont apportées ou consacrées, sont la dernière étape de ce mouvement. L’actualité la plus récente du droit canonique et des évolutions plus générales conduisent à se demander s’ils en sont l’ultime point.

Le plus intéressant et important à saisir de cette histoire séculaire et continue n’est toutefois pas son ancienneté ou ses éclats, mais son rapport essentiel avec l’histoire de la pensée juridique, de la théologie et de l’Eglise. Outre qu’une déconnection serait en soi difficilement envisageable, il apparaît que l’histoire du droit et des sources canoniques est, plus qu’un miroir, un révélateur des transformations de la pensée juridique et de l’ecclésiologie, au rythme des mouvements de l’histoire de l’Eglise, et qu’elle en a été même pionnière, sous certains aspects. C’est avant tout cela que la conférence se propose de mettre en lumière.

Les vendredis 15, 22 mars, 5 avril, 3 mai de 17h30 à 19h00.