LE PARADOXE DE LA BEAUTE 3/4 Fr. Albert-Henri Kühlem O.P.

23 février 2016 à 17 h 30

1- Cours

Dans son roman Le portrait de Dorian Gray O. Wilde constate: « Nous  vivons une époque où les hommes traitent l’art comme s’il devait être une forme d’autobiographie. Nous avons perdu le sens abstrait de la beauté ». Cette petite citation introduit directement la problématique de ce cours. Il s’agit de se mettre à la recherche du véritable sens de la visibilité de la beauté et sa capacité de transcendance. « La beauté ne peut être mise en doute » dit encore Wilde. Il contredit ainsi E. Kant qui présuppose que la beauté n’est reconnaissable que pour celui qui décide de la voir, sinon la beauté resterait cachée. L’esprit humain est ainsi considéré comme l’origine du phénomène de la beauté. A tel point que G.W.F. Hegel conclut que l’art humain est plus beau que la nature en elle-même, car il trouve son origine dans l’esprit qui forcément dépasse la simple nature. Une alternative s’ouvre si le fondement de la beauté n’est pas cherché en l’homme, mais que la beauté est reçu par l’esprit humain comme un don admirable. Dans cette passivité l’œil du cœur transperce ainsi – en accueillant ce don de la beauté – le simple phénomène et peut s’apperçevoir d’une beauté qui reste pour l’œil du monde inaccessible, car paradoxe dans son enfermement autosuffisant.

Les 23 février, 22 mars de 17h00 à 19h00.