« Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle » Fr. Albert-Henri Kühlem O.P.

28 février 2012 à 19 h 33

Conférences particulières

La motivation de la conversion

Oui, nous voulons tous nous convertir, mais le temps presse. Le temps presse, car notre vie est courte et nous avançons en âge. Le cours des années semble s’accélérer et la vie être proche de son terme. Pour avoir plus de temps pour nous convertir, nous aimerions bien arrêter ce mécanisme et heureusement l’humanité a essayé depuis toujours de trouver des remèdes contre le vieillissement. Pour cela il y a traditionnellement des crèmes, des pommades, de la silicone et du botox, mais personne n’échappe à ce triste sort : le corps retourne à la poussière. Donc, que faire ? Nous pourrions peut-être essayer une autre méthode. Essayons le rajeunissement non par l’extérieur, mais par l’intérieur. Cela semble un peu plus compliqué et l’effet n’est peut-être pas directement visible mais pourquoi pas. Dans une brochure du bouddhisme-zen on peut lire :

« Nous avons le pouvoir en nous, de renverser le mécanisme du vieillissement, de retrouver la jeunesse, et de vivre pour un temps infini. Comment? Simplement par nos attitudes. Si nous ne voulons pas que notre corps vieillisse et meure, changeons notre attitude ! Reprogrammons nos cellules de la lumière intérieure. Enlevons de notre vie tout ce qui reconnait le caractère mortel de notre corps et il n’y aura jamais de fin. Bannissons de notre vocabulaire le mot « vieux ». Mettons le mot toujours. N’acceptons pas le mécanisme du vieillissement. »

Si notre frère Thomas d’Aquin était encore parmi nous, il n’aurait certainement pas eu peur de parler à la personne qui exprime ainsi un désir naturel de vivre éternellement. Il lui aurait dit d’abord que c’est déjà un très bon approche de chercher un rajeunissement par des attitudes intérieures, mais que ce n’est pas une bonne idée de refuser les réalités de notre vie, qui, de toute façon, ne peuvent pas être changées. Ce n’est pas la vérité qui doit se tourner vers nous, mais nous qui devons nous tourner vers la vérité. Et la vérité est belle. La jeunesse a de l’espoir car elle a toute la vie devant elle. La jeunesse a l’avenir, mais une personne mûre a le passé. Le « pas encore » de la jeunesse se transforme, avec l’âge, en un « déjà ». Mais l’espérance existentiellement réalisé, cet espoir surnaturel, donne à la vie une toute autre perspective et un rajeunissement véritable. Dans l’espérance le « pas encore » de la vie ne s’arrête jamais ici sur la terre. Plus j’avance en âge, plus ce « pas encore » de la vie éternelle grandit, me rajeunit et me donne de la joie, car chaque jour de ma vie je m’approche du jour où je pourrai enfin voir Jésus face à face.

Une citation du livre de Job perd, dans cette perspective, son caractère angoissant et devient plutôt source d’espérance et de joie : « Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent quand il n’y a plus de fil » (Jb 7, 6), car enfin ma robe de noce sera prête et je pourrai me présenter devant le Seigneur. Saint Paul nous le rappelle aussi : « Même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire. » (2 Cor, 4, 16). Il n’y a qu’une seule condition : que l’homme se tourne vers la vérité, vers la vérité éternelle, vers le Christ. Il n’y a qu’une seul condition : Que l’homme se convertisse. Prions, pour que tout le monde trouve en Jésus Christ son unique espérance, la seule qui peut combler le désir de l’homme. Voilà la véritable motivation de notre conversion.