Retraite spirituelle de l’Avent Fr. Guy Lespinay O.P.

11 décembre 2011 à 10 h 30

9- Excursions

 

Homélie du Fr. Guy Lespinay pour le 3ième Dimanche de l’Avent

Église conventuelle de Marseille

 

Is 61, 1-2.10-11 ; Luc 1, 46-54 (Magnificat) ; 1 Thessaloniciens 5, 16-24 ; Jean 1, 6-8. 19-28

 

Introduction

 

Nous approchons rapidement de Noël. Un temps où les enfants sont en attente de bonnes choses : cadeaux, friandises, le Père Noël et tout ce qui s’en suit. C’est le temps des réjouissances qui approchent et fébrilement on s’y prépare de multiples manières. Aujourd’hui, en ce troisième dimanche de l’Avent, nous nous préparons aussi spirituellement et dans la joie à ce magnifique don de Dieu qui envoie son propre Fils pour s’incarner dans notre monde et y apporter l’espérance de la paix et de la justice.

 

Oui « Gaudete » ! Réjouis-toi ! Réjouissons-nous en écoutant les conseils de saint Paul : « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toutes circonstances ; c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus. […] éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal. (1 Th 5, 16) » Accueillons donc dans la confiance la miséricorde du Seigneur afin de mieux nous préparer à sa venue.

 

Homélie

 

Isaïe dit tout haut ce qu’il rêve pour le peuple de Dieu. Un sauveur consacré par l’onction, munit de l’Esprit Saint, envoyé par Dieu. Il est l’Oint. Le consacré à une mission. Il a reçu une marque d’honneur mais aussi l’autorité. Il sera le Messie qui sauvera l’humanité. Il est le Verbe, la Parole de Dieu qui s’incarne et qui s’adresse à tous. Celui qui vient est digne d’honneur, non seulement par son autorité, mais aussi par sa puissance. Car de lui va germer la louange et la justice pour toutes les nations de la terre. Il sera l’apôtre, le prince de la paix.

 

L’incarnation confirme à l’homme l’amour que Dieu lui porte en se faisant proche « Dieu avec nous, l’Emmanuel ». Il sera proche de tous et particulièrement de ceux et celles qui ont besoin de salut, les pauvres, les cœurs brisés, les cœurs fermés qui ont soif d’ouverture, les captifs qui n’ont plus rien à espérer, les pécheurs. Il vient pour semer la joie dans les cœurs et pardonner les péchés afin que tous se réconcilient avec son Père céleste. Le Sauveur inaugure une année de bienfaits qui les consoleront.

 

Frères et sœurs, dans nos temples, dans nos églises nous assistons à de magnifiques liturgies. Aujourd’hui, le président est habillé en rose. Il se tient dans le sanctuaire, dans le chœur, près de l’autel. On célébrera l’eucharistie et c’est sur cet autel qu’on élèvera le corps et le sang du Seigneur. Tout cela accompagné de magnifiques chants et de gestes signifiants. Cependant, il ne faudrait pas oublier quelque chose de très important. Cette séparation entre le sanctuaire et l’assemblée, ce qui se passe à l’avant où se déploient des signes symboliques pour exprimer un mystère n’est qu’une manière d’exprimer et de nourrir notre foi dans une assemblée, une communion. Mais Dieu n’est pas seulement dans le sanctuaire. Dieu est au milieu de vous, là, dans la nef, tout proche et dans vos cœurs. Il est avec les petits enfants qui nous entourent, les grands parents qui nous donnent l’exemple de leur fidélité et de leur présence, de tous les couples qui s’aiment et de toutes les personnes seules qui espère l’accueillir. Oui, frères et sœurs, vous n’êtes pas seuls. Il est là, dans votre vie, toujours tendant la main pour vous aider, vous soutenir, vous aimer. Lorsque vous quitterez cette Église, il partira avec vous et restera dans vos cœurs jusqu’à votre prochaine visite où vous voudrez renouveler votre foi en lui et vivre une solidarité, une communion avec d’autres croyants portant les mêmes valeurs que vous.

 

Exultons de joie, frères et sœurs, réjouissons-nous à cause de l’extraordinaire faveur qui est faite à la Vierge Marie, celle de devenir la Mère du Sauveur. Dieu se penche, non seulement sur sa servante, mais aussi sur toute l’humanité. Dans le sein de Marie, Dieu épouse l’homme tant dans sa dignité comme dans son humanité. Il s’approche des hommes et prend leur condition.           Tout au long de l’histoire, Dieu restera avec l’homme : plus particulièrement avec les affamés, se rapprochant de ceux qui ont les mains vides, se souvenant de son amour. Aucune richesse de la terre ne pourrait remplacer l’amour que Dieu procure à ses créatures. Sa présence au milieu de nous est la plus grande richesse que nous pouvons posséder et le plus beau cadeau de Noël que nous recevrons. Un cadeau impérissable. Et ce cadeau ne fait aucun dommage à l’environnement. Seule notre énergie le fait vivre en nous et il nous fait vivre par la puissance de son Esprit.

 

Paul, dans sa première lettre aux Thessaloniciens, manifeste sa joie à la vue de ces convertis qui rejoignent la communauté chrétienne. Ils ont gardé la foi malgré les persécutions et il leur exprime son estime et son admiration. Il leur recommande d’être dans la joie tout en étant vigilant. Sommes-nous une Église morose, sombre, même parfois maussade dans ses propos ? Pourtant, le mystère de l’Incarnation devrait nous emballer en tant que chrétien parce que nous sommes aimés de Dieu. Par Jésus, Dieu se manifeste en se faisant proche de chacun de nous. « La vie chrétienne devrait être vécue dans une atmosphère de joie, de prière et gratitude continuelles envers Dieu. » Ensemble, comme communauté, nous vivons des choses extraordinaires dans la belle liberté des enfants de Dieu et la foi qui nous unit les uns aux autres. En accueillant notre Sauveur et en lui donnant notre adhésion, il nous libère des obligations de la loi pour nous amener avec lui dans un royaume nouveau : « Jésus oppose son interprétation libératrice de la loi au légalisme juif, car, en même temps qu’une loi renouvelée, Jésus communique aux hommes la joie du royaume. » (TOB) Jésus propose à l’homme de vivre une adhésion, une amitié dans une communion fraternelle où Dieu et l’homme sont partenaires.

 

Durant l’Avent nous découvrons le personnage de Jean-Baptiste. Il était un homme austère, d’une grande espérance dans la venue du Sauveur. Il prépare ses concitoyens à accueillir une bonne nouvelle, à ouvrir leur cœur à quelque chose d’inédit et d’inattendue. Jean humblement s’efface devant la grandeur de Celui qu’il annonce. Jean est capable de voir le mystère dans l’autre et de discerner l’Esprit qui l’habite. C’est ce même Esprit qui nous habite encore et il donne à l’homme la force de se convertir en prenant les armes de la foi et du service. Indignes, nous le sommes. Mais Jésus par sa passion et par sa croix, nous rend digne et nous mérite le pardon de nos péchés. Sa mort et sa résurrection relèvent l’homme et le prédisposent à recevoir la faveur de Dieu.

 

Voilà pourquoi nous sommes dans la joie aujourd’hui. Jésus nous relève de notre petitesse, de notre médiocrité, de nos insuffisances et fait de nous des ferments d’espérance, rendant les hommes capables de devenir des saints. Oui, ne laissons pas mourir Dieu dans le cœur de l’humanité. Agissons pour qu’il règne dans les cœurs des gens. Au sortir de cette messe, dans la joie, allons vers les autres et aidons-les à se relever courageusement et à découvrir la beauté d’une vie croyante, sainte, paisible. Ce qui s’est passé à Béthanie de Transjordanie il y a longtemps se renouvelle à nouveau en nous. Tous, nous sommes invités à accueillir l’hôte par excellence à Noël, le Sauveur du monde. N’excluons personnes. Ouvrons nos bras et nos cœurs pour qu’eux aussi le reçoivent.

 

Que tous les gestes d’affections et de générosité que nous projetons de faire pour Noël, dans nos familles, dans nos entreprises, dans la société en général, retombent sur nous afin que nous puissions chanter avec tous ceux que l’on aime : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Amen.